samedi 26 février 2011

Samoa: journal de bord 4: Eat, pray, love

Ils sont vraiment très gentils et accueillants, et me répètent tout le temps que si je veux quelque chose je n'ai qu'à demander, ils ne voulaient pas que j'aide non plus financièrement... mais bon je leur ai quand même acheté plein de choses au marché à la fin de mon séjour pour un repas général, pour les remercier.

Mon grand regret est qu'ils m'ont donné une adresse incomplète, je devais leur envoyer des photos de mon séjour chez eux, mais deux mois après ma lettre m'est revenue "adresse incomplète" ! impossible de les contacter, je leur avais créé une adresse mail mais n'ayant pas d'ordinateur, ils ne font pour ainsi dire jamais sur le net (y'a un cybercafé en ville...) Ils ont dû croire que je n'ai pas tenu ma promesse :/



Pour en revenir au repas, ils en font toujours dix fois trop, du moins quand il y a un invité. Ils lui préparent environ dix plats différents! Et même avec un gros appétit, impossible de finir, ce n'est d'ailleurs pas le but: ils vont manger ce que vous aurez laissé. Il s'agit donc de toucher un peu à tout pour montrer que l'on honore leur cuisine, mais tout en laissant assez pour qu'ils puissent manger! Plutôt délicat donc, puisque c'est une pratique à l'opposé de chez nous (en occident, on doit finir son assiette, ne pas prendre trop, et c'est une insulte de laisser ses restes à l'hôte.)



Leur cuisine est en général très bonne, et ils ont tendence à cuisiner salé ce que l'on a l'habitude manger sucré: bananes, noix de coco... ça surprend au début!

Je suis un peu la curiosité ici, surtout au début, les enfants m'appellent et veulent me tenir la main. Ici c'est une très grande famille: tout le monde est oncle, tante, cousin, cousine sœur de la personne de l'habitation d'à côté, la nourriture est cuisinée et partagée par tout le monde, et ceux qui travaillent subviennent aux besoins de ceux qui n'ont pas de job et à leur famille, ainsi que les parents et grand-parents. Les hommes comme les femmes mettent la main à la pâte, et j'ai été surprise de voir tant d'hommes cuisiner.



Ici c'est une sorte de communisme en fait, personne ne peut devenir riche, partir ou devenir indépendant. Ils ont des devoirs envers leur famille, "Dieu" le leur a demandé. Enfin, plus facile de vivre ainsi quand aucun problème de logement ne se pose, ici il suffit de construire un toit avec des branches et des feuilles de palmier pour pouvoir dormir, car les nuits sont douces. Impossible de faire ça dans des contrées plus froides.

Ils vont très souvent à l'église, 3 sont présentes principalement à Samoa: Catholique, Protestante et Méthodiste. Ils ne savent pas toujours bien la différence entre elles, d'ailleurs.



Ils s'acceptent tous les uns les autres et seules les prières et les chants semblent changer de l'un à l'autre. Il y a une prière interminable avant de manger qui dure au moins 20 minutes x_x Je ne savais pas bien quelle attitude adopter, moi qui doute fortement de ce qu'il y a là-haut à part des nuages, du gaz et des étoiles. Parce qu'avec eux ce n'est pas "De quelle religion es-tu?" mais "De quelle église es-tu?"! C'est totalement impensable pour eux qu'on ne croit pas en Dieu. Alors j'ai préféré ne pas faire de vagues... c'est mieux ainsi!

Bon allez, la suite la prochaine fois! :)

En espérant que Samoa vous intéresse autant que la Nouvelle-Zélande ^^ désolée pour les délais entre les articles, je bosse à plein temps en Suisse maintenant, donc dur de trouver du temps libre!

lundi 21 février 2011

Samoa: journal de bord 3: the jungle village!

Je ne m'attendais pas à ce que cela m'arrive si vite comme ça, mais c'est en visitant le marché aux puces d'Apia, cherchant un lavalava, que j'ai rencontré une dame Samoane nommée Naila, à qui j'ai d'ailleurs acheté mon lavalava. On a un peu discuté et elle m'a invitée à dormir gratuitement chez elle avec sa famille dans un village en pleine jungle, de la façon la plus traditionnelle qui soit! Alors j'ai bien sûr dit oui! Elle voulait faire découvrir aux étrangers les coutumes de Samoa.



Et puis, je voulais découvrir les traditions locales, sortir des sentiers battus, c'était l'occasion ou jamais. On ne parcourt pas le monde pour rester dans des hôtels blindés d'allemands.

De plus j'arrivais en plein dans le week-end de fête où absolument tout est fermé à Samoa: le White Sunday, la fête religieuse chrétienne où tous les enfants sont habillés en blanc et sont mis à l'honneur. Les gens du village m'ont d'abord regardé étrangement (qui est cette blanche qui débarque ici?), puis après les présentations, tout le monde était très gentil. Ils m'ont montré comment faire leur repas traditionnel du White Sunday!



Les hommes commencent à éplucher les taru (des sortes de racines rondes) pour les cuire ensuite dans le umu (four construit avec des pierres), ils enveloppent de la crème de noix de coco dans de grandes feuilles jusqu'à en faire des boules, qu'ils appellent "popo".

Puis les hommes tuent le cochon (une balle dans la tête), le dépècent, le lavent puis le vident, n'en gardant étrangement pas grand chose. Puis ils cautérisent l'intérieur avec des pierres brûlantes, et le farcissent avec des feuilles de manguier. Puis hop, sur le four umu (de basiques pierres brûlantes par terre), avec les taru et les popo.




Les femmes coupent les légumes et les font cuire avec le poulet sur des feux de bois. Hélas niveau écologie c'est pas trop ça, les déchets sont jetés sur le bord du chemin ou dans une fosse... Il y a une petite cabane pour les Wcs, mais les douches se prennent dehors, sous un tuyau et sans rideau! aucune intimité! Du coup ils prennent leurs douches avec leur paréo (lavalava), mais bon, ce serait tellement plus simple de tendre un rideau de fortune. J'ai voulu ruser et prendre ma douche la nuit, mais c'est vraiment pas pratique.

Les enfants courent partout et sont de petites terreurs dès leur plus jeune âge, pleins de cicatrices et d'éraflures, faisant plein de choses dangereuses, jouant avec le feu, les chiens, les poules ("moa"), et les cochons sauvages qui se baladent à nos pieds.



Le soir, on dort dans les Fale, donc avec un toit mais à l'air libre, avec heureusement des moustiquaires. Oui, ça m'a rassurée après avoir vu des cafards gros comme ceux d'Okinawa traîner dans les parages! Heureusement, il y en avait peu. Dormir à même le sol, même avec un coussin, c'est facile pour eux car ils ont (il faut le dire) pas mal de chair pour amortir, mais pour moi ça a été plus rude x_x

Le matin, on se fait réveiller assez tôt par la lumière du soleil, et les cochons qui font un petit concert avec les chiens, haha, mais on finit par s'y habituer. De temps en temps, certains villageois vont en ville pour faire quelques courses malgré ce qu'ils cultivent déjà dans le village (il y a une petite plantation): bananes, mangues, citrouilles, taru, cacao) et d'autres ont des échoppes au marché pour vendre des objets d'artisanat.

Allez la suite la prochaine fois! :)